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#COVID-19 💉 : Le secret du respect de la distanciation sociale par Ido Erev, chercheur en économie comportementale au Technion - 09/04/2020

Le confinement va se poursuivre. Et le maintien des gestes barrière est clé pour contenir l’épidémie. Mais comment faire appliquer les consignes sur le long terme et partout ? La hausse du montant des amendes est-elle la solution ? La perspective de la prison (qui interviendrait dans de très rares cas) est-elle imaginable, en particulier dans nos démocraties ?

Cité par le quotidien israélien "Haaretz", Ido Erev, chercheur en économie comportementale au Technion, un institut de technologie situé à Haïfa, fournit un éclairage original : l’exécution à l’amiable (ou "friendly enforcement"). Ses recherches montrent que lorsque l’on décrit longuement à une personne un événement heureux ou dramatique, elle a tendance à surestimer le fait qu’il peut la concerner, mais lorsqu’elle l’expérimente concrètement, elle se met peu à peu à le sous-estimer. Car pour prendre leurs décisions, les gens se fondent sur le souvenir d’un petit nombre de situations similaires. "L’esprit humain fonctionne ainsi. Il examine ce qui a le mieux fonctionné dans un certain schéma", explique le chercheur.

Il existe donc un risque qu’une pratique stricte du confinement s’érode pour une partie de la population pas ou peu touchée.

Que faire ? Ido Erev s’appuie, en particulier, sur une expérience menée sur le port d’équipements de sécurité dans 11 usines israéliennes, pour proposer sa technique de "l’exécution à l’amiable". Sur ces sites, la forte amende pour non-port d’équipement (peu appliquée de façon effective) a été remplacée par des sollicitations amicales mais systématiques dès qu’un manquement était relevé. Tous les managers et les collègues devaient lancer au contrevenant une petite remarque du style : "Tu ne portes pas tes bouchons d’oreilles. Bientôt tu ne pourras plus entendre tes petits-enfants." Résultat, le non-port d’équipement est passé de 50 à 10 %.

Ido Erev estime que dans le cas du Covid-19, ce rappel peut être fait dans les familles, mais que la technologie peut aussi aider. Avec, par exemple, une application sur smartphone prévenant de la proximité de personnes malades ou détectant une température élevée et avertissant la personne concernée qu’elle brise une règle en sortant de chez elle. Ce serait, assure le chercheur, une solution efficace et non violente face à la pandémie. Même s’il reconnaît que cela pose des enjeux de respect de la liberté et de l’intimité de tout un chacun.

Source : Usine Nouvelle

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