Journée Souveraineté numérique 27 juin 2017 à Sciences Po

Le même 27 juin 2017 la Commission européenne condamnait Google pour abus de position dominante. Ce faisant, elle défendait la liberté d'entreprendre et d'innover, en rappelant fermement que les innovateurs d'hier ne devaient pas profiter de leur succès passés, aussi éclatants soient-ils, pour étouffer les innovateurs de demain.

Le même 27 juin 2017  la Commission européenne condamnait Google pour abus de position dominante. Ce faisant, elle défendait la liberté d'entreprendre et d'innover, en rappelant fermement que les innovateurs d'hier ne devaient pas profiter de leur succès passés, aussi éclatants soient-ils, pour étouffer les innovateurs de demain.

La souveraineté numérique est le sujet stratégique essentiel de ce début du XXIème siècle. Une réflexion est à conduire sur les fondements de l’économie, de la culture et du système politique face au paradigme de l’économie dite « numérique » ou « digitale », en fait une économie informatique anthropologique.

Christophe Dubois-Damien, administrateur de Forum Atena et diplômé de Sciences Po estime qu’il est indispensable de rapprocher les sciences de l’ingénieur des sciences politiques.

Il a organisé cette journée sur la Souveraineté numérique.

250 participants inscrits et 25 intervenants de qualité.

Quelles doivent être les implications des décideurs politiques et économiques face à la souveraineté numérique ? Quelles mesures prendre pour protéger les données des citoyens et des entreprises ? Comment réussir une cyber sécurité souveraine ? Quels enseignements supérieurs et quelles formations spécialisés et généralistes au service de ces ambitions ?

 La souveraineté de l’homme, la souveraineté de l’entreprise, la souveraineté de l’Etat sont mises à l’épreuve par les possibilités du numérique.Comment le citoyen, peut-il rester souverain de sa propre vie quand à partir des données qu’il laisse sur internet, il est tracé, surveillé, influencé, positivement certes mais aussi négativement ?Comment l’entreprise peut-elle être souveraine dans sa stratégie quand elle ne peut pour survivre se passer d’un système d’information et que par définition ce système d’information est vulnérable ?

Quel sens peut encore avoir la souveraineté de l’Etat ? La souveraineté est le droit d'exercer une autorité législative, judiciaire et administrative sur une nation ou un peuple. La Monarchie de droit divin, puis la République ont légitimé cette souveraineté. Internet, le Big data, les interconnexions, et les algorithmes complètent la libre circulation des personnes et des biens par les échanges virtuels au sein de la société de l’information et de la connaissance. Pour appréhender la souveraineté numérique, il faut comprendre la troisième révolution industrielle. Le monde y est entré dans les années 1980.

L’intrant de cette troisième révolution est la donnée, le processus normé et informatisé. L’intrant de la  première révolution industrielle en 1780 était la vapeur.

L’intrant initial de la deuxième révolution industrielle de 1880 était l’électricité puis dans sa deuxième partie un second intrant : le pétrole.

Cette troisième révolution industrielle, la France l’a ratée. Ou ont été parmi nos élites les penseurs de ces transformations, les éclaireurs de l’avenir, les pédagogues du changement ?

Il faut donc bâtir les Institutions permettant l’épanouissement et l’équilibre social du paradigme de cette économie du règne de la donnée à l’ère de la multitude, de l’homme augmenté et de l’entreprise étendue, de l’innovation continue et du développement des territoires. Permettre l’élaboration démocratique et la mise en place de ces Institutions est le rôle des politiques.

Face à la prise de décision par des algorithmes d'intelligence artificielle, il faut définir quelle sera la part de la décision humaine, quelles seront les règles communes de vie en  société, quelle sera l’espace pour la vie privée et la solidarité.

Les réponses à ces questions n'ont pas à être données par les américains ou les asiatiques à la place des européens. Ce serait délaisser la vision de notre société à d'autres. Ce serait un abandon complet de notre culture, de notre indépendance, de nos libertés et de notre avenir.

Sébastien Soriano*, président de l’ARCEP Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes,  publiait dans Le Monde du 5 juillet  une Tribune : « Il est temps de renverser les seigneurs de l'Internet féodal. »

 http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/07/05/sebastien-soriano-il-est-temps-de-renverser-les-seigneurs-de-l-internet-feodal_5155939_3232.html

De nombreuses similitudes entre les idées de Sébastien Soriano et celles de Christophe Dubois-Damien.

Voir aussi dans la newsletter de Forum Atena de juin-juillet l’article de Gérard Peliks, Président de l’Atelier sécurité et Vice Président de Forum ATENA : « Israel, un modèle pour l’Europe. », référence à l’intervention de Muriel Touaty, Directrice Générale Technion France Israel Institute of Technology. 

A l'ère de l'internet et ses dérivés : les objets connectés, l'intelligence artificielle, la blockchain et autres innovations futures, il est grand temps que la France se dote d'une véritable et ambitieuse politique de souveraineté numérique. Le défi est européen.

 

*Christophe Dubois-Damien

Diplômé de Sciences-Po Paris Section Economique et Financière, Docteur en droit.

En parallèle de trente ans de carrière : audit externe (PriceWaterhouseCoopers), direction audit interne, contrôle de gestion, direction financière en milieu industriel puis financier (Groupe Thomson/Thales, Altus Finance), consulting en économie de la santé, recrutement (Euroconsulting chasseurs de têtes), consulting en stratégie, Christophe DUBOIS-DAMIEN s'est engagé depuis vingt ans dans le domaine de l'Intelligence économique (parmi les pionniers en France, création et animation d'un des premiers cercles français au Medef. Il poursuit une démarche épistémologique : Fondateur de son réseau social Traghetto.fr, membre et animateur de cercles de réflexion dans les domaines économiques, financiers et managériaux : Institut Bull, Forum Atena, Forum Européen des Politiques d'Innovation (eFPI).

 

*Sébastien Soriano

Ancien élève de l'Ecole polytechnique, ingénieur en chef des mines, *Sébastien Soriano a réalisé l'essentiel de sa carrière dans la régulation de la concurrence et des télécoms, avant de devenir en mai 2012 le directeur de cabinet de Fleur Pellerin, alors ministre en charge des PME, de l'innovation et de l'économie numérique.  Avant de rejoindre l'ARCEP, il était le conseiller spécial de la ministre de la culture et de la communication, en charge notamment du secteur presse. Sébastien Soriano a été nommé président de l'ARCEP par décret publié au Journal Officiel du 15 janvier, pour un mandat de six ans. En décembre 2015, Sébastien Soriano a été élu à la présidence pour 2017 de l'organe des régulateurs européens des communications électroniques (ORECE, ou BEREC selon son acronyme anglais). Cette élection implique des responsabilités importantes dès 2016 et jusqu'en 2018 en tant que vice-président de l'ORECE.

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