L’homme du jour : Jean-Yves Le Gall (CNES)

Jean-Yves le Gall, Président du CNES, avait été il y a quelques années décoré d’un Doctor Honoris Causa du Technion – Israel Institute of Technology, en présence de Muriel Touaty, Directrice Générale du Technion France. Il était cette année très heureux de la progression de l’ESA (Agence Spatiale Européenne) dont le CNES est très proche (lire ci-dessous). Israël va certainement continuer à bénéficier de son management du CNES (et ESA) qui profite à l’Europe et Israël.

‍Selon  La Tribune : « Berlin avait caché la copie sur le montant de sa contribution avant la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui s’est déroulée les 27 et 28 novembre à Séville (Space19+). Et pour cause : elle devient, loin devant la France, la première nation contributrice au budget de l’ESA sur cinq ans : 3,29 milliards d’euros, soit 22,9% du budget de l’Agence spatiale européenne (14,38 milliards d’euros au total accordés à des programmes spatiaux européens). Soit 630 millions d’euros de plus que la France, qui a très largement perdu sa place historique de leader européen avec 2,664 milliards (18,5% du budget de l’ESA) même si elle a pu rajouter 160 millions d’euros au 2,5 milliards d’euros prévus avant la conférence ministérielle.

Aujourd’hui, la France est même talonnée par l’Italie, qui a réalisé un très gros effort financier en mettant sur la table de l’Europe spatiale 2,282 milliards (15,9%). Suivent dans le top cinq des contributeurs de l’ESA, le Royaume Uni avec 1,655 milliard (11,5%) et, enfin, l’Espagne avec 852 millions d’euros (5,9%).

Mais la France reste en tête sur les trois prochaines années…

Face au bulldozer allemand, la France a tenté de minimiser l’effort financier de Berlin. « Physiquement, les Allemands ont mis plus, a admis le président du CNES, Jean-Yves Le Gall interrogé par La Tribune. Mais, explique-t-il pour tempérer le triomphe allemand de Séville, « nos contributions annuelles sont supérieures ». Ce que confirme le ministère de la Recherche : « sur les trois prochaines années, la France reste en tête ». Mais les effets de ce leadership allemand se verront beaucoup plus sur le long terme…Si pour l’Europe spatiale cette manne financière est une bénédiction, les industriels français vont quant à eux devoir apprendre à passer après leurs partenaires allemands en raison du fameux juste retour géographique qui, certes, doit évoluer mais qui est encore en vigueur au sein de l’ESA. Une réflexion doit être lancée pour améliorer ce principe, a d’ailleurs précisé Jean-Yves Le Gall à La Tribune.

En dépit de cette désillusion, la France a obtenu pour la filière lanceurs, l’une de ses priorités, ce qu’elle voulait : soit 2,23 milliards plus 512 millions d’euros pour le port spatial de l’Europe basé à Kourou (Centre spatial guyanais). Une satisfaction pour les Français, qui ont mis sur le pas de tir plusieurs démonstrateurs comme le futur moteur bas coût Prometheus, qui a déjà engrangé plusieurs dizaines de millions d’euros, l’étage supérieur ultraléger en carbone Icarus et l’étage réutilisable Thémis. C’est le cas également de Callisto.

Record d’engagements financiers

« On a battu tous les records en termes d’engagements financiers », s’est félicité Jean-Yves Le Gall. Ce budget de 14,38 milliards d’euros, en hausse de 40% par rapport au précédent conseil ministériel, atteint une somme inégalée depuis la fondation de l’organisation intergouvernementale, en 1975. Il va permettre de financer les nouveaux programmes spatiaux sur une durée de trois à cinq ans. « C’est un pas de géant pour l’Europe parce que ce n’était pas évident de parvenir à tels engagements dans le contexte économique que l’on connait des Etats membres de mettre autant d’argent et de sur-souscrire finalement aux propositions que l’ESA avaient faites », a-t-il expliqué à La Tribune.

Les États membres de l’ESA ont donc entériné une série de programmes qui vont permettre de garantir, pour les années 2020, l’autonomie de l’Europe en matière d’accès à l’espace et d’utilisation de ce dernier, de stimuler la croissance de l’économie spatiale européenne, et de réaliser des découvertes décisives pour la connaissance de la Terre, du Système solaire et de l’Univers. Sans oublier un enjeu essentiel : intensifier les efforts déjà entrepris pour assurer la sécurité et la protection de notre planète.

Un effort sans précédent pour le programme scientifique

Pour la première fois depuis 25 ans, une augmentation budgétaire significative a été accordée au Programme scientifique (2,82 milliards). L’ESA pourra ainsi mettre en orbite LISA, le premier observatoire spatial d’ondes gravitationnelles, mener à bien la mission Athena , qui consistera notamment à étudier les trous noirs, et faire avancer de façon considérable la compréhension des phénomènes physiques fondamentaux de l’Univers. Les États ont également investi dans la préparation des missions à venir, en allouant des financements supplémentaires conséquents aux activités de recherche et développement, ainsi qu’aux laboratoires de l’ESA.

Sur l’exploration spatiale, l’Europe, aux côtés de ses partenaires internationaux, continuera à repousser les frontières : poursuite de sa participation aux activités de la Station spatiale internationale jusqu’en 2030 et mise au point des modules de transport et d’habitation cruciaux pour le Gateway, un projet inédit de station orbitale lunaire. Les astronautes de l’ESA recrutés en 2009 continueront à être affectés à des missions jusqu’à ce qu’ils aient tous effectué un deuxième séjour dans l’espace. Des astronautes européens s’envoleront à destination de la Lune pour la première fois. Ainsi les ministres ont confirmé la participation de l’Europe à une mission pionnière de retour d’échantillons martiens, en coopération avec la NASA.

Soutien à la compétitivité européenne

L’ESA permettra aux entreprises innovantes et aux gouvernements des États membres de tirer parti de l’exploitation commerciale de l’espace. Pour ce faire, elle favorisera ainsi la compétitivité de l’Europe dans le contexte du NewSpace : développement des premiers systèmes satellitaires entièrement flexibles, conçus pour être intégrés dans les réseaux 5G, ainsi que des technologies optiques de prochaine génération, destinées au réseau communément appelé fibre optique de l’espace. Ces innovations devraient marquer un tournant dans le secteur des télécoms par satellite. En mettant ces technologies au service de la navigation, l’ESA commencera à mettre au point des systèmes de navigation destinés à l’exploration de la Lune.

Dans le domaine du transport spatial, les ministres ont veillé à ce que la transition avec la prochaine génération de lanceurs – Ariane 6 et Vega C – se fasse sans heurts, et ont donné leur feu vert à la poursuite du projet Space Rider, qui dotera l’Europe d’un véhicule spatial réutilisable. Enfin, les États membres de l’ESA se sont engagés en faveur d’une utilisation responsable de l’environnement, sur notre planète comme dans l’espace. Dans le domaine de l’observation de la Terre, l’ESA confortera sa position de chef de file mondial en mettant en œuvre 11 nouvelles missions, portant notamment sur des thèmes liés au changement climatique, à l’Arctique et à l’Afrique « . (La Tribune)

Source : IsraelValley

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